Soleurois, vous pouvez être fiers de votre informatique!

Publié le 17.07.2009 sur la partie germanophone du site ; article d’opinion dans la Solothurner Zeitung du dimanche 19 juillet 2009
par Matthias Stürmer membre du comité Swiss Open Systems User Group /ch/open et doctorant à l’EPFZ
(traduction française : Arnaud Praplan, membre du comité de Swisslinux.org)

Schagabtausch

La démarche pionnière de l’informatique soleuroise, consistant à prendre congé de l’universellement connu, mais tout aussi peu apprécié Windows et à introduire Linux, a été vivement critiquée. Qu’y a-t-il de si controversé dans cette nouvelle solution libre* pour que de telles discussions techniques atteignent les colonnes de la presse quotidienne? Est-ce que la règle de trois confédérale (« Nous n’avons encore jamais fait cela ainsi – Nous avons toujours procédé de la sorte – N’importe qui pourrait alors nous dire comment nous y prendre») fait foi?

A propos des logiciels libres, beaucoup d’utilisateurs savent seulement qu’ils peuvent être téléchargés gratuitement. Assurément vrai. Mais le véritable avantage est toutefois leur licence qui, entre autres, autorise l’adaptation du logiciel à ses propres besoins. En outre, les utilisateurs deviennent moins dépendant de leur fournisseur. Cela renforce leur position de négociation et rend les investissements sûrs. De cette façon, les coûts diminuent à moyen terme. La liberté ainsi regagnée intensifie également la concurrence entre les fournisseurs, de telle sorte que les innovations sont encouragées et les prix revus à la baisse.

Cette ouverture et cette transparence montrent que le remplacement des logiciels propriétaires fermés (« Closed Source ») au profit de logiciels libres est une tendance raisonnable – en particulier pour le secteur public. Les avantages sont surtout stratégiques. Celui qui change pour les logiciels libres ne doit pas s’attendre à des économies à court terme, mais à un développement durable de l’informatique. Exactement comme les fruits bio ne sont pas spécialement moins cher ou plus beaux, mais participent bien plus à un développement durable.

Bien sûr, il ne faut pas perdre de vue que les logiciels libres ne résolvent pas tous les problèmes informatiques. Un changement peut engendrer des tensions – comme tout projet informatique, finalement – car la migration de milliers de postes de travail est, indépendamment de la solution utilisée, moins un enjeu technique qu’organisationnel. Quelqu’un sera certainement mécontent des changements. Et les responsables informatiques préfèreront rester dans la prison familière des logiciels propriétaires plutôt que de devoir trouver leur voie dans l’inhabituelle liberté des logiciels libres. Nobody ever got fired for buying IBM equipment** en était l’explication dans les années ’80; aujourd’hui, ce sont d’autres entreprises.

C’est pourquoi, Soleurois, vous pouvez être fiers de votre informatique!

* L’adjectif libre est employé dans cette traduction à la place de la dénomination Open Source de l’article original (NDT).
** En anglais dans le texte (NDT).

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