Ouverture des données publiques en Suisse : parlementaires et développeurs unissent leurs forces

Faisant suite au trois interpellations (1, 2, 3) sur l’ouverture des données publiques (Open Government Data)  lancées par le groupe parlementaire pour une informatique durable, le Conseil Fédéral se montre clairement en faveur du mouvement mais reste cependant relativement vague sur les modalités concrètes de mise en oeuvre d’une ouverture des données. Les conseillères nationales Edith-Graf-Litscher (PS) et Kathy Riklin (PDC) ainsi que le conseiller national Christian Wasserfallen (PLR) ont ainsi soumis une nouvelle motion et deux nouveaux postulats (4,5) visant à définir de manière plus précise la mise en œuvre d’une ouverture des données publiques.

Parallèlement s’est déroulé début octobre le premier  campus suisse make.opendata.ch. Près de 120 développeurs, designers et citoyens porteurs d’idées se sont retrouvés à Lausanne et Zurich pour, durant deux jours, développer de nouvelles applications permettant une mise en valeur des données publiques déjà disponibles.

L’ouverture des données publiques (Open Government Data)  possède d’énormes potentialités encore largement inexploitées en Suisse. Elle permet d’une part d’accroître la  transparence de l’Etat et de son fonctionnement et d’autre part de stimuler l’innovation en permettant la création de nouveaux services. La conseillère nationale Edith Graf-Litscher demande, dans sa nouvelle motion, la création d’un répertoire central regroupant les différents jeux de données aux mains de la Confédération. Une telle plate-forme faciliterait grandement la recherche et l’accès à ces données publiques. Pour justifier sa motion, Graf-Litscher ajoute : « Des expériences similaires effectuées dans d’autres pays montrent que l’utilisation par les acteurs économiques des sources de données publiques ne démarre vraiment qu’après la création d’un répertoire  national. Les bases juridiques permettant une ouverture des données publiques existent déjà. De plus, les coûts liés à la création d’une telle plate-forme sont modestes si on les met en relation avec l’énorme potentiel socio-économique en découlant. Je m’attends par conséquent à une mise en oeuvre rapide de l’Open Government Data en Suisse. »

« Afin d’utiliser au mieux les potentialités du mouvement Open Government Data, il est nécessaire de disposer d’un plan d’action permettant au divers acteurs de l’administration fédérale de coordonner leurs actions. » ajoute Kathy Riklin. Dans son nouveau postulat, Riklin attends du conseil fédéral pour la mi-2012  « une analyse des différents jeux de données (actuels et archivés) susceptibles d’être ouvert, une estimation des avantages et des risques liés à leur ouverture ainsi que d’un plan d’action ». Riklin ajoute « la Suisse possède peu de ressources naturelles. Cependant l’utilisation innovante des données publiques par des développeurs, des designers, des journalistes et de simples citoyens motivés peu être source de croissance économique. »

Pour Christian Wasserfallen il est clair que l’ouverture des données publiques ainsi que leur usage sera, dans les années à venir, au coeur du développement d’une “cyberadministration” (E-Government). Il demande dans son postulat que la stratégie de réalisation d’un E-Government soit adaptée et complétée : « l’ouverture des données publiques permet une plus grande transparence et efficacité des activités et des processus liés au fonctionnement de l’Etat. La mise en libre accès de données relatives au fonctionnement de l’Etat facilite la mesure et la comparaison des performances des diverses administrations gouvernementales. Tous les acteurs de la société y sont gagnants. »

Conjointement à ces actions parlementaires, développeurs, journalistes, designers et citoyens engagés se sont retrouvés le 30 septembre et le 1 octobre pour un premier campus make.opendata.ch. Deux jours durant, sur les sites de Zurich (ZHdK) et de Lausanne (EPFL), près de 120 professionnels des médias, des branches techniques et artistiques ont travaillés ensemble à l’analyse et à la visualisation de données déjà existantes avec comme objectif la création de nouvelles applications internet (« web apps ») offrant de nouveaux services utiles aux citoyens.  A titre d’exemple les projets suivants ont vu le jour durant le campus: visualisation des sites militaires contaminés, mise en évidence de la consommation d’énergie des bâtiments de la ville de Lausanne (« Ma rue est-elle verte? »),  visualisation des mesure de radioactivité sur le territoire suisse. Cet évènement montre de manière significative comment, parallèlement aux mécanismes classiques de la démocratie directe,  l’ouverture des données publiques peut donner naissance à de nouveaux canaux d’information citoyenne.

Le partenariat avec les autorités fût également un succès à l’exemple du sponsoring de l’initiative eZurich de la ville de Zurich ou à la mise à disposition de donnée par la ville de Lausanne.

De plus amples informations peuvent être trouvées sur la wiki make.opendata.ch, par la mailing list opendata.ch ou simplement en nous contactant.

Encore un grand merci à tous nos sponsors EPFLZHdKeZü­richLiip et  Swiss­nex San Francisco.

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