Nouvelle stratégie d’encouragement aux logiciels libres de Bâle-Ville

De Matthias Stürmer | Traduit par Arnaud Praplan

Pendant que les solutions informatiques de l’administration fédérale basée sur des logiciels privateurs¹ sombrent apparemment dans un chaos complet, Bâle nous montre le bon exemple. En effet, le Conseil d’État du canton de Bâle-Ville a présenté aujourd’hui sa nouvelle stratégie pour promouvoir le logiciel libre² (télécharger le PDF) qui a été initiée en 2004 par une motion d’Urs Müller. L’extrait de son communiqué de presse résume les points les plus importants :

Dans le domaine des logiciels libres, les développement futurs financés par le canton (par exemple le Datenmarkt³ cantonal, l’e-gouvernement) devrait s’opérer selon un modèle libre et sur la base de standards ouverts, afin que d’autres cantons et communes puissent l’utiliser sans payer de licences, et continuer à développer le code source. De cette façon, des effets synergiques au-delà des frontières cantonales seront favorisés. Les critères supplémentaires lors de l’acquisition seront révisés, de façon à ce que l’égalité des chances entre logiciels privateurs et solutions libres soit garantie. Au niveau du poste de travail, le système d’exploitation MS Windows continuera d’être utilisé en raison des dépendances d’applications spécialisées. Néanmoins, un essai pilote avec 100 postes de travail complètement convertis à GNU/Linux et aux logiciels libres démarrera.

[1] Le terme «propriétaire» a été substitué par «privateur», terme mettant l’accent sur le fait que les logiciels non libres privent leurs utilisateurs des libertés garanties par les logiciels libres, NdT
[2] La dénomination «libre» est préférée ici au terme «Open Source» de la version allemande, puisque l’important n’est pas, uniquement, l’accès aux sources, mais les libertés donnée aux utilisateurs de ces logiciels, NdT
[3] Traduisible par « Marché aux données », NdT

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Le Danemark rend obligatoires les formats normalisés ODF et PDF

Le journal Politike.dk, nous informe que le Parlement Danois vient de voter une loi imposant l’usage des documents au formats ODF et PDF à partir du premier avril 2011 dans l’administration publique.

La Suisse est en retard sur ce point par rapport à ces voisins européens. Alors que la France était en avance avec la version 2006 du RGI
(Référentiel Général d’Interopérabilité), celui-ci a été grandement vidé de sa substance sous la pression de Microsoft. À l’opposé, le Danemark a su résister à cette pression et vient de faire un grand pas en avant. Que se passera-t-il en Suisse ? Le groupe parlementaire pour l’informatique durable s’engage pour le recours à des standards ouverts et interopérable, dont la définition danoise en cinq points est donnée dans l’article de Notes2Self.net .

The standard shall be:

  • Fully documented and publicly available
  • Free implementable without economic, political or legal limitations on the implementation and use.
  • Approved by an internationally recognized standards organization, for example ISO, and standardized and maintained in an open forum through an open process.
  • It shall be demonstrated that the standard can be implemented by everybody direct in its entirety on multiple platforms.
  • Be interoperable within the functionality ceiling with other standards on the list.

En Français, cela donne :

Les standards devraient :

  • Être entièrement documentés et disponibles publiquement.
  • Librement implémentables et utilisables, sans limitations économiques, politiques ou légales.
  • Approuvés par une institution de standardisations internationale, par exemple l’ISO, et standardisé et maintenus dans un forum ouvert et un processus transparents.
  • Il devrait être démontré que le standard peut être complètement implémenté par n’importe qui sur de multiples plate-formes.
  • Être interopérables avec les fonctionnalités des autres standards clés utilisés et listés.

Serons-nous les derniers à suivre l’exemple du Danemark ? Celui de la Norvège ou celui de l’Angleterre avec le BECTA ?

Liens :
Article original Linuxfr : https://linuxfr.org//2010/01/30/26416.html

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Richard Stallman fait une présentation et participera à une manifestation contre la Convention de Berne

Download Richard Stallman’s speech as OGG file (67MB, 2h 4min) and play it with the VLC Media Player for Linux, Mac, and Windows

COMMUNIQUÉ DE PRESSE DU
GROUPE PARLEMENTAIRE POUR UNE INFORMATIQUE DURABLE

Deutsch | English

Berne, le 5 février 2010

Manifestation le 11 février 2010, Place Unterer Waisenhaus à Berne, contre la Convention de Berne sur le droit d’auteur

Le jeudi 11 février 2010 à 13h, Richard Stallman, co-fondateur du système d’exploitation libre GNU/Linux et fondateur de la Free Software Foundation, participera à une manifestation sur la place Unterer Waisenhaus à Berne contre la Convention de Berne sur le droit d’auteur.

image001Cette convention est inacceptable à l’ère internet, car elle pose de nombreux problèmes :

  • Le droit d’auteur dure bien trop longtemps
  • Les œuvres devraient être soumises au droit d’auteur uniquement lorsque l’auteur le souhaite.
  • Les exceptions déterminées par « le test des trois étapes » placent les détenteurs de droits au dessus du public et interfèrent avec les libertés dont devraient disposer tous les êtres humains.

Richard M. Stallman a été lauréat en 1990 de la bourse MacArthur, du prix Grace Murray Hopper de l’ACM (Association for Computing Machinery) et du prix de l’Electronic Frontier Foundation, co-bénéficiaire du prix 2001 de la Fondation Takeda pour l’amélioration sociale et économique, et ex-hacker au laboratoire d’intelligence artificielle du MIT. Egalement titulaire de plusieurs doctorats honoris causa, il milite aussi pour la liberté de partager de manière non-commerciale des copies d’œuvres publiées.

D’après Stallman, « Le système de droit d’auteur actuel rend quelques stars très riches, paye un très faible nombre d’artistes de manière adéquate et n’est qu’un abjecte fiasco pour tous les autres. D’un autre côté, ces droits sont très bons pour maintenir l’énorme marché de l’industrie du divertissement – et ils sont en train de s’étendre pour interdire le partage. C’est un engrenage qui met en danger nos libertés dans le but de gaspiller notre argent. De nouvelles méthodes permettent de soutenir les artistes de manière équitable, tout en étant respectueuse de notre liberté de partage. Seule l’industrie du divertissement et du droit d’auteur sera perdante. Bon débarras ! »

« Le droit d’auteur doit faire l’équilibre entre deux intérêts publics. D’un côté, il doit encourager la publication de nouvelles œuvres, et de l’autre donner la liberté d’utiliser les œuvres déjà publiées. Quant aux auteurs et aux artistes, leur rôle dans la question n’est que d’être influencés dans leurs choix. », ajoute Stallman.

La conseillère nationale Edith Graf-Litscher acquiesce : « Les droits d’auteurs actuels ne sont pas en équilibre entre le public et les auteurs. Le libre échange du savoir est bloqué au bénéfice des détenteurs de droits. Pourtant la plupart de ceux-ci basent leur travail sur des œuvres précédentes. » Le Parti Pirate par son président Denis Simonet ajoute : « Nous soutenons cette cause. Nous avons besoin d’un équilibre entre le public et les auteurs. » Le Parti Tux de l’Université de Berne et les étudiants de l’institut d’informatique et de mathématique appliquées prendront également part à la manifestation.

La manifestation sera précédée par une présentation sur le droit d’auteur à 10h dans l’Aula du bâtiment principal de l’Université de Berne. À la suite de cette conférence, Stallman et les manifestants se rendront de ce bâtiment à la place Waisenhaus pour y manifester.

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Logiciels libres: la bataille fédérale

Par Anne Hemmer : (version pdf)

Aperçu de l'article

Il y a un an, la Confédération établissait un contrat avec Microsoft sans passer par un appel d’offre. Des fournisseurs de logiciels libres ont porté plainte. Une affaire qui relance le débat sur la cohérence de l’alternative open source dans les entreprises et les institutions.

La Confédération ne peut pas effectuer de gros achats informatiques sans faire d’appel d’offre. Selon les fournisseurs de logiciels libres, qui ont porté plainte au printemps dernier, elle s’est permis une entorse à la règle en renouvelant son contrat avec Microsoft. Rappel des faits.
Le 23 février 2009, l’Office fédéral des constructions et de la logistique (OFCL), chargé des achats de la Confédération en matière d’informatique, octroie à Microsoft un mandat sur trois ans à raison de quatorze millions par année. Il concerne la prolongation de licences, ainsi que des services de maintenance et d’assistance.
Les détails de ce contrat sont publiés dans le journal officiel le 1er mai. Il apparaît alors que cet achat a été décidé sans lancer un appel d’offre public, pourtant obligatoire lorsque le contrat est supérieur à 250 000 francs. La porte-parole de l’OFCL, Katja Lunau, justifie cette procédure en invoquant le fait qu’il ne s’agit que de la prolongation d’un contrat passé avec Microsoft avant l’entrée en vigueur de la loi sur les marchés publics.
Le 20 mai 2009, dix-huit fournisseurs de logiciels libres portent plainte auprès du Tribunal administratif fédéral.«Les plaignants ont démontré que le contrat comprenait de nouvelles licences et des mises à jour de logiciels, rendant ainsi caduc l’argument de l’OFCL», explique Matthias Stürmer, porteparole de la partie plaignante.

Argent gaspillé

Le tribunal, après avoir ordonné à la Confédération de suspendre le contrat, revient sur sa décision. Il estime impossible de geler l’informatique de l’administration fédérale durant la procédure. «Nous avons donc le droit de recevoir de Microsoft les prestations comprises dans notre contrat et nous avons bien l’intention de le faire valoir», explique Katja Lunau. Un argument qui ne satisfait évidemment pas les fournisseurs de logiciels libres, qui considèrent que, si la Confédération doit faire marche arrière par la suite, beaucoup d’argent du contribuable pourrait être gaspillé. D’autant que les plaignants restent convaincus que l’issue du procès leur sera favorable.

Qu’est-ce qu’un logiciel libre?

«Un logiciel libre est caractérisé par sa licence baptisée «libre» qui donne à ses utilisateurs quatre libertés fondamentales», explique François Bianco, président de Swisslinux.org. «Le droit de l’utiliser sans aucune restriction, d’étudier son fonctionnement (donc l’accès au code source), de l’améliorer et d’en redistribuer des copies.»

Le terme «libre» se rapporte donc à la liberté et non au prix, même si, à l’heure actuelle, plus du 90% des logiciels libres sont effectivement gratuits. Alors, quel intérêt pour une entreprise d’investir dans le développement de programmes pour ensuite les offrir sur la toile? «L’entreprise investit une faible somme pour développer les modalités de base d’un programme», précise François Bianco. «Ensuite, elle le diffuse sur internet pour que les programmeurs intéressés le développent à leur guise. Une fois que le logiciel est suffisamment puissant, elle n’a plus qu’à le récupérer sans que cela lui coûte un centime.»

Libres et économiques

Cette affaire pose des questions légales en matière d’appel d’offre public, mais elle relance le débat sur l’adéquation des logiciels libres dans les entreprises, du point de vue aussi bien technique que financier.
Certes, les logiciels libres sont à la fois pratiques et économiques, Pour les entreprises et les administrations publiques, l’achat de licences d’un logiciel payant ne représente qu’une minorité des dépenses informatiques (de 3% à 5%). «Avec des logiciels libres, la mise en place peut prendre du temps et revenir cher», détaille Jean-Luc Tinguely, directeur d’InfoTeam à Fribourg. Lui-même avait tenté l’expérience dans son entreprise avant de revenir aux logiciels propriétaires: «D’autre part, les logiciels libres sont souvent limités à un seul poste et, dès que l’on veut étendre leur utilisation, il faut payer.»

Problème de compatibilité

Pour Katja Lunau, «installer des logiciels libres est plus long et plus onéreux car, avant toute utilisation, chaque logiciel doit être testé afin de limiter les risques au maximum, ce dont nous pouvons nous passer avec Microsoft, puisque nous connaissons déjà leurs programmes». A cet argument, Matthias Stürmer répond que ce peut être tout aussi compliqué et risqué de changer de version de Windows, qui nécessite d’ailleurs des mises à jour en cascade, payantes de surcroît, alors qu’un logiciel libre peut être adapté aux besoins gratuitement. Barbara Josef, porte-parole de Microsoft pour la Suisse, ajoute que la Confédération a justement reçu le droit d’accès au code source, notamment afin d’évaluer les aspects liés à la sécurité des produits.«Nous avons des contrats spéciaux avec les gouvernements et les autres organisations éligibles.» Pierre-Alexandre Schwab, informaticien chez Evok à Lausanne,explique quant à lui que «pour chaque logiciel propriétaire, des spécialistes connaissent parfaitement le produit. Pour un logiciel libre, c’est plus compliqué, car même l’entreprise de maintenance ne connaît pas forcément la dernière version du logiciel, qui évolue sans cesse». Un argument que réfute François Bianco, président de Swisslinux. org. «Comme on a accès au code source avec un logiciel libre, il est possible de se passer d’une société extérieure. La Confédération peut former ses informaticiens à l’interne et ainsi économiser sur les prestations de services.» Claudio Frigerio, porte-parole de l’Office fédéral de l’informatique et de la télécommunication, répond à cela que les informaticiens ont tout spécialement été engagés pour leurs compétences sur Microsoft et que changer exigerait de les former, ce qui représente «un investissement considérable, sans compter la formation des quarante mille employés du gouvernement qui ont l’habitude d’utiliser Microsoft». Une situation qui est due au quasi monopole de ce dernier.
Finalement, se pose le grand problème de la compatibilité. «Si on sait que, pour les logiciels propriétaires, il n’y a aucun problème lorsqu’on passe d’une version à l’autre, c’est beaucoup moins évident avec les libres, qui évoluent de façon variable», détaille JeanLuc Tinguely «Il est donc juste de . la part de la Confédération de garder son infrastructure actuelle, car passer à des logiciels libres aurait demandé de revoir tout le système, ce qui coûterait cher en temps et argent.»

À la justice de trancher

Comme le souligne Claudio Frigerio, le gouvernement dispose de programmes très spécialisés, par exemple pour les contrôles de santé des pilotes, qui sont compatibles au niveau mondial. «Alors, imaginez si la Suisse changeait de logiciels! La Confédération a besoin que son système fonctionne parfaitement et tout de suite.» Au sujet de la compatibilité, Matthias Stürmer précise néanmoins que, «pour les vidéos et les images, il n’y a pas de problème. Pour la bureautique, OpenOffice ouvre les fichiers Word et Excel. Même s’il est vrai que ce n’est pas parfait.» Sur cette question, Pierre-Alexandre Schwab admet qu’on ne peut aboutir à une conclusion générale. «Il est très difficile de se faire une opinion,il faut réfléchir au cas par cas. Et dans le cas de l’OFCL, c’est à la justice de trancher.»

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Les éditeurs de logiciels libres accentuent leur pression sur Berne

LE TEMPS, mardi 12 janvier 2010, Anouch Seydtaghia

letempsDes éditeurs poursuivent leur action en justice contre Berne, accusé d’acheter des logiciels de Microsoft sans appel d’offres. Vaud et Genève sont beaucoup plus ouverts

Le bras de fer entre les éditeurs de logiciels libres et la Confédération se durcit. Les premiers, qui accusent Berne d’avoir attribué un contrat de 42 millions de francs à Microsoft sans appel d’offres, ont reformulé leur plainte auprès du Tribunal administratif fédéral, et ce pour qu’elle soit plus efficace. Dimanche, ils ont annoncé le retrait de sept des dix-huit plaignants pour éviter que tous ne doiven­t légitimer leur position à porter plainte contre Berne. Les plus petits éditeurs sont ainsi hors course pour permettre aux plus gros, Red Hat en tête, de gagner face à la Confédération. Rappelons que les logiciels libres sont distribués sans licence et peuvent être librement modifiés.

«D’après nos estimations, Berne a réalisé, ces trois dernières années, des appels pour seulement la moitié de ses achats informatiques, accuse Matthias Stürmer, membre de la direction de l’association Swiss Open Systems User Group, qui regroupe les plaignants. La Confédération affirme qu’elle n’a pas besoin d’ouvrir ces contrats lorsqu’il y a des dépendances techniques. Or elle ne fait aucun effort pour effectuer des appels d’offres, surtout pour ce contrat de 42 millions, le plus important de ces dernièr­es années.» Cette somme, versée à Microsoft uniquement, comprend notamment des licences Windows et Office. «Berne s’est borné à signer un contrat de 3 ans, de début 2009 à fin 2011, pour que Microsoft dépanne et mette à jour ces deux logiciels à sa guise sur 37 000 ordinateurs. Ce manque de curiosité pour d’autres solutions est regrettable», poursuit Matthias Stürmer. Directement visé, l’Office fédéral des constructions et de la logistique n’a pas été hier en mesure de répondre à nos questions.

L’été dernier, des parlementaires (tant du PS que du PLR) ont déposé sept motions pour inciter Berne à s’intéresser aux logiciels libres. Les politiciens dénoncent tant les manquements aux principes de l’OMC – via l’absence d’appels d’offres – que les sommes versées sans discuter à Microsoft (20 millions de francs en licences chaque année, estiment-ils).

Genève avance vite

La Suisse ne figure qu’au 34e rang mondial dans l’adoption de logiciels libres par ses administrations ( voir infographie ). Du côté des cantons, Soleure, Vaud et Genève sont à l’inverse cités en modèles face à l’inertie de la Confédération. «Il faut une volonté politique forte ou une implication intense de toutes les parties concernées pour passer aux logiciels libres, analyse Patric­k Genoud, conseiller à l’Observatoire technologique du canton de Genève. Les avantages sont indiscutables: cela permet notamment de garantir une meilleure maîtrise de nos systèmes d’information et de préserver notre indépendance par rapport aux éditeurs.»

Genève a par exemple migré plusieurs milliers d’ordinateurs – utilisés par des étudiants – d’Office de Microsoft vers le logiciel libre OpenOffice. Un CD avec plusieurs programmes libres a également été distribué aux écoliers. «Et, de manière invisible, plusieurs logiciels importants de notre infrastructure informatique ont été remplacés par des systèmes libres», poursuit Patrick Genoud.

Combien Genève a-t-il ainsi économisé? «Près de 2 millions de francs sur un budget informatique de 150 millions sur trois ans, poursuit le conseiller. Ce n’est qu’un début, et nous ne voulons pas insister sur le côté financier. Sinon, Microsoft ou d’autres éditeurs de logiciels propriétaires pourraient éventuellement nous offrir les licences à prix cassés. Or utiliser des logiciels libres procure des avantages plus importants que l’argent.»

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L’administration fédérale fait échouer la procédure de conciliation : la réponse des plaignants

9 décembre 2009, la Confédération a décrété l’interruption de la procédure de conciliation. La raison de cet échec a été présenté de manière partiale par la Confédération, les plaignants souhaitent donc donner leur version des faits au travers de ce communiqué de presse. Dès le début, le but de la plainte contre l’adjudication de gré-à-gré d’un contrat de 42 millions de francs à Microsoft est clair : obtenir des appels d’offres publics non discriminatoires dans le secteur informatique, ainsi qu’un traitement équitable de tous les acteurs de ce marché. Au cours de la procédure de médiation, la Confédération a décidé, pour d’obscures raisons, de ne plus négocier sur l’objet du litige. Elle a aussi pris la décision de ne pas garantir que les prochains achats informatiques seraient soumis à des appels d’offres publics. Il semblerait que la Confédération souhaite continuer à octroyer les futurs projets informatiques de gré à-gré.

Les plaignants étaient pourtant parvenus à négocier avec la Confédération une amélioration de la situation, par exemple en renouvelant les directives sur les standards, la mise en œuvre effective de la stratégie Open Source, etc. Il avait aussi été question de l’égalité de traitement des différents acteurs informatiques. La Confédération ne souhaite cependant pas se fixer des règles contraignantes. De plus, elle prétend que les demandes formulées impliqueraient une aggravation de la situation actuelle pour les fournisseurs de logiciels libres.

À la fin de la procédure de conciliation, la Confédération a annoncé que sa proposition, réduite au minimum et sans accords contraignants, était définitive et non négociable. C’est par le communiqué de presse de la Confédération que les plaignants ont appris avec étonnement cette décision.

Les plaignants considèrent que la proposition définitive de conciliation signifierait un pas en arrière par rapport au statu quo. C’est pour cette raison qu’ils sont contraints de mettre fin aux négociations et de reprendre la procédure pénale, convaincus que le jugement aura une issue positive.

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Le logiciel libre comme moteur de l’économie

L’économie mondiale en crise et les budgets informatiques et communication (IT) limités forcent les directeurs d’entreprise et les spécialistes IT du monde entier à trouver des solutions alternatives qui soient économes et durables. Dans les faits, les solutions basées sur des logiciels libres gagnent de plus en plus d’importance au sein des entreprises. Au niveau gouvernemental, un changement de cap s’amorce. En Angleterre, une nouvelle directive a vu le jour. Celle-ci requiert des autorités et des fonctionnaires une plus grande mise-en-œuvre de solution libre, et préconise d’éviter tous recours à des logiciels propriétaires. Aux États-Unis, l’initiative « Open Source for America » (Logiciels libres pour l’Amérique), lancée par 50 entreprises travaillant dans le logiciel libre, souhaite aider les autorités américaines à économiser plusieurs millions de dollars. Il ne s’agit pas uniquement de réduction des coûts, mais aussi de se détacher des fournisseurs propriétaires et de leurs cycles de mise-à-jours.

Par exemple la société Ingres, qui ressort d’une étude récente par Gartner comme la seule base de données libre et utilisable dans des secteurs sensibles, applique concrètement les principes des logiciels libres. En effet, à l’opposé des modèles de licences classiques basés habituellement sur la méthode du « Vendor-Lockin » qui est souvent suivie d’une augmentation progressive des coûts, les utilisateurs de cette solution libre ne payent que ce qu’ils utilisent réellement. Grâce à un outil de calcul des coût opératifs, Ingres permet aux entreprises clientes d’estimer les économies réalisables grâce aux logiciels libres. En plus d’offrir des standards ouverts, et ainsi la possibilité d’interopérer, de collaborer et de réduire les coûts, les sociétés comme Ingres proposent surtout des solutions durables dans le domaines IT.

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Des parlementaires et des cadres de l’administration se renseignent en première main à propos de projets libres renommés

COMMUNIQUÉ DE PRESSE DU GROUPE PARLEMENTAIRE POUR UNE INFORMATIQUE DURABLE (PDF, ODT, DOC)

Hier soir, dans le cadre d’un souper du groupe parlementaire pour l’informatique durable à l’Hôtel Bern, des conseillers nationaux et aux états, des conseillers d’état, ainsi que de nombreux responsables de l’informatique de la Confédération et des cantons se sont informés à propos de projets de logiciels libres renommés, comme les migrations du Tribunal Fédéral, du canton de Soleure, ainsi que celle de la ville de Munich.

Christian Wasserfallen – co-président du groupe et conseiller national du canton de Berne – ouvre, enthousiaste, le souper du groupe parlementaire pour une informatique durable et souhaite la bienvenue à tous les participants. Autour de la table sont réunis, entre autres, des politiciens tels que Luc Recordon et Robert Cramer, conseillers dans les cantons de Vaud et de Genève. Nous trouvons aussi des responsables de l’administration, comme le directeur de l’Office Fédéral de l’Informatique et de la Télécommunication (OFIT), Marius Redli, et le président général du Tribunal Fédéral, Paul Tschümperlin. À la fin de la soirée, Edith Graf-Litscher – co-présidente du groupe – tire la conclusion politique. Elle met en évidence les chances des logiciels libres pour traiter les biens numériques d’une manière durable, indiquant que, pour utiliser tout le potentiel disponible, il faudra un soutien politique et une mise en application au sein de l’administration.

Auparavant, les responsables du Tribunal Fédéral, du canton de Soleure et de la ville de Munich ont présenté les développements actuels de leurs projets de migration aux logiciels libres. Daniel Brunner, directeur suppléant des Services Informatiques du Tribunal Fédéral, a expliqué la stratégie en place depuis huit ans pour l’utilisation de standards ouverts et de logiciels libres. Durant sa présentation, il a particulièrement mis en avant l’audit positif de KPMG de l’an dernier. Celui-ci indique que le recours à des solutions libres comme OpenOffice.org, Evolution, Firefox, et Alfresco s’avère très économe et orienté vers l’avenir. D’un autre côté, la migration prévue par le Service Informatique du Tribunal Fédéral Administratif donne matière à réflexion. En effet, ce-dernier va retourner à une solution propriétaire basée sur la plateforme Microsoft. De plus, les coûts prévus selon le budget 2010 indiquent un surcoût total de 7 millions de francs, correspondant à 65% des frais de fonctionnement annuel du Tribunal Fédéral. Ajoutée à cela, cette séparation des services informatiques des deux tribunaux impliquera la fin d’une synergie et une perte estimée à 1.8 millions de francs.

Le deuxième projet basé sur des logiciels libres a été présenté par Kurt Bader, directeur du service informatique du canton de Soleure. Les différents avantages des logiciels libres présentés, tels que la réduction de la dépendance à un éditeur, la réduction de la dépendance technique à une plateforme, ainsi que leurs coûts réduits ont montrés clairement qu’aucune critique ne peut être formulée, tant au niveau technique qu’au point de vue financier. Ce dernier point a été prouvé par l’évolution des budgets IT des six dernières années, qui malgré le renchérissement et l’introduction de nouveaux logiciels ont diminués.

Florian Schliessl de la ville de Munich a donné un aperçu de la migration à GNU/Linux sur les postes fixes. Il a particulièrement insisté sur l’évaluation pragmatique qui a guidé l’étude préliminaire au projet de migration. Le but était de trouver une solution économe, tout en réduisant au maximum les dépendances. Plusieurs expertises externes ont conclu que les solutions basées sur des logiciels libres étaient les meilleures pour atteindre les objectifs souhaités. C’est pour cela que la ville a pris la voie des logiciels libres. Aujourd’hui déjà, plus de 14′000 places de travail de l’administration fonctionnent avec OpenOffice.org et 2′200 ont migré à GNU/Linux.

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Jusletter : « Procédure de gré à gré en ayant les mains liées ? »

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La newsletter juridique Jusletter s’est penchée, il y a peu, sur les questions légales qui émergent suite à la décision d’adjudication prise par la Confédération, sujette à polémique et peu transparente, concernant Microsoft Irlande (à voir en allemand sous le titre « IT-Beschaffungen des Bundes: Freihändige Vergabe mit gebundenen Händen? », publication dans la Feuille officielle suisse du commerce). Les avocats Tomas Poledna et Philipp do Canto parlent certes sans détour des « dépendances comme des signaux d’alarme », mais ne se risquent pas à beaucoup plus :

« Ça ne mènerait à rien, en l’état actuel des connaissances, de juger la manière d’agir du pouvoir adjudicateur ; ce sont des choses qui ont impliqué les partis et les instances politiques. Dans une même mesure, il faudra renoncer à revoir les conséquences juridiques, si l’acquisition devait se révéler être un cas pathologique. »

Dans leur ensemble, les juristes se montrent clairement critiques à l’encontre de la procédure de gré à gré qui a été menée :

« Est-ce que des contraintes matérielles du cas présent sont considérées comme particularité technique du marché en l’état actuel des choses, au sens de l’art. 13 al. 1 let. c OMP ? Ceci parait discutable, mais pas impensable, car le pouvoir adjudicateur n’est pas tenu de corriger les précédentes décisions (ou absence de décision). Cette question devrait être traitée du point de vue juridique du cartel et de la responsabilité de l’État. Étant donnée la nécessité de l’injection dans l’économie de l’argent publique, une procédure de gré à gré portant sur contrat de cette ampleur, sans appel d’offres préalable, est problématique et nécessite un débat. »

Pour les non-juristes, la situation est compliquée à apréhender. Même si l’article cité ne peut qu’à peine saisir la profondeur de la problématique, le thème est apparemment significatif pour un large panel de juristes et, grâce à Jusletter, également connu. Cette affaire ne se laissera pas oublier si facilement.

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Négociations entre la Confédération et les fournisseurs de logiciels libres

Selon une annonce officielle de juillet dernier, l’office fédéral compétent (OFCL) a proposé  aux 18 entreprises de logiciels libres qui avaient déposé une plainte contre la procuration douteuse attribuée à Microsoft de trouver un accord extra-judiciaire. (La version allemande de ce blog en avait parlé. On peut également lire cette dépêche du Temps.)

En rapport, le tribunal administratif fédéral avait annoncé que la procédure judiciaire serait suspendue jusqu’au 28 aout, afin de donner du temps aux parties. La Confédération et les entreprises avaient jusqu’à cette date pour présenter au tribunal les résultats des négociations.

Le premier septembre, la presse a annoncé que les négociations continuaient. Le contenu de celles-ci n’a à ce jour malheureusement pas encore été dévoilé.

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