Le logiciel libre comme moteur de l’économie

L’économie mondiale en crise et les budgets informatiques et communication (IT) limités forcent les directeurs d’entreprise et les spécialistes IT du monde entier à trouver des solutions alternatives qui soient économes et durables. Dans les faits, les solutions basées sur des logiciels libres gagnent de plus en plus d’importance au sein des entreprises. Au niveau gouvernemental, un changement de cap s’amorce. En Angleterre, une nouvelle directive a vu le jour. Celle-ci requiert des autorités et des fonctionnaires une plus grande mise-en-œuvre de solution libre, et préconise d’éviter tous recours à des logiciels propriétaires. Aux États-Unis, l’initiative « Open Source for America » (Logiciels libres pour l’Amérique), lancée par 50 entreprises travaillant dans le logiciel libre, souhaite aider les autorités américaines à économiser plusieurs millions de dollars. Il ne s’agit pas uniquement de réduction des coûts, mais aussi de se détacher des fournisseurs propriétaires et de leurs cycles de mise-à-jours.

Par exemple la société Ingres, qui ressort d’une étude récente par Gartner comme la seule base de données libre et utilisable dans des secteurs sensibles, applique concrètement les principes des logiciels libres. En effet, à l’opposé des modèles de licences classiques basés habituellement sur la méthode du « Vendor-Lockin » qui est souvent suivie d’une augmentation progressive des coûts, les utilisateurs de cette solution libre ne payent que ce qu’ils utilisent réellement. Grâce à un outil de calcul des coût opératifs, Ingres permet aux entreprises clientes d’estimer les économies réalisables grâce aux logiciels libres. En plus d’offrir des standards ouverts, et ainsi la possibilité d’interopérer, de collaborer et de réduire les coûts, les sociétés comme Ingres proposent surtout des solutions durables dans le domaines IT.

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Des parlementaires et des cadres de l’administration se renseignent en première main à propos de projets libres renommés

COMMUNIQUÉ DE PRESSE DU GROUPE PARLEMENTAIRE POUR UNE INFORMATIQUE DURABLE (PDF, ODT, DOC)

Hier soir, dans le cadre d’un souper du groupe parlementaire pour l’informatique durable à l’Hôtel Bern, des conseillers nationaux et aux états, des conseillers d’état, ainsi que de nombreux responsables de l’informatique de la Confédération et des cantons se sont informés à propos de projets de logiciels libres renommés, comme les migrations du Tribunal Fédéral, du canton de Soleure, ainsi que celle de la ville de Munich.

Christian Wasserfallen – co-président du groupe et conseiller national du canton de Berne – ouvre, enthousiaste, le souper du groupe parlementaire pour une informatique durable et souhaite la bienvenue à tous les participants. Autour de la table sont réunis, entre autres, des politiciens tels que Luc Recordon et Robert Cramer, conseillers dans les cantons de Vaud et de Genève. Nous trouvons aussi des responsables de l’administration, comme le directeur de l’Office Fédéral de l’Informatique et de la Télécommunication (OFIT), Marius Redli, et le président général du Tribunal Fédéral, Paul Tschümperlin. À la fin de la soirée, Edith Graf-Litscher – co-présidente du groupe – tire la conclusion politique. Elle met en évidence les chances des logiciels libres pour traiter les biens numériques d’une manière durable, indiquant que, pour utiliser tout le potentiel disponible, il faudra un soutien politique et une mise en application au sein de l’administration.

Auparavant, les responsables du Tribunal Fédéral, du canton de Soleure et de la ville de Munich ont présenté les développements actuels de leurs projets de migration aux logiciels libres. Daniel Brunner, directeur suppléant des Services Informatiques du Tribunal Fédéral, a expliqué la stratégie en place depuis huit ans pour l’utilisation de standards ouverts et de logiciels libres. Durant sa présentation, il a particulièrement mis en avant l’audit positif de KPMG de l’an dernier. Celui-ci indique que le recours à des solutions libres comme OpenOffice.org, Evolution, Firefox, et Alfresco s’avère très économe et orienté vers l’avenir. D’un autre côté, la migration prévue par le Service Informatique du Tribunal Fédéral Administratif donne matière à réflexion. En effet, ce-dernier va retourner à une solution propriétaire basée sur la plateforme Microsoft. De plus, les coûts prévus selon le budget 2010 indiquent un surcoût total de 7 millions de francs, correspondant à 65% des frais de fonctionnement annuel du Tribunal Fédéral. Ajoutée à cela, cette séparation des services informatiques des deux tribunaux impliquera la fin d’une synergie et une perte estimée à 1.8 millions de francs.

Le deuxième projet basé sur des logiciels libres a été présenté par Kurt Bader, directeur du service informatique du canton de Soleure. Les différents avantages des logiciels libres présentés, tels que la réduction de la dépendance à un éditeur, la réduction de la dépendance technique à une plateforme, ainsi que leurs coûts réduits ont montrés clairement qu’aucune critique ne peut être formulée, tant au niveau technique qu’au point de vue financier. Ce dernier point a été prouvé par l’évolution des budgets IT des six dernières années, qui malgré le renchérissement et l’introduction de nouveaux logiciels ont diminués.

Florian Schliessl de la ville de Munich a donné un aperçu de la migration à GNU/Linux sur les postes fixes. Il a particulièrement insisté sur l’évaluation pragmatique qui a guidé l’étude préliminaire au projet de migration. Le but était de trouver une solution économe, tout en réduisant au maximum les dépendances. Plusieurs expertises externes ont conclu que les solutions basées sur des logiciels libres étaient les meilleures pour atteindre les objectifs souhaités. C’est pour cela que la ville a pris la voie des logiciels libres. Aujourd’hui déjà, plus de 14’000 places de travail de l’administration fonctionnent avec OpenOffice.org et 2’200 ont migré à GNU/Linux.

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Jusletter : « Procédure de gré à gré en ayant les mains liées ? »

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La newsletter juridique Jusletter s’est penchée, il y a peu, sur les questions légales qui émergent suite à la décision d’adjudication prise par la Confédération, sujette à polémique et peu transparente, concernant Microsoft Irlande (à voir en allemand sous le titre « IT-Beschaffungen des Bundes: Freihändige Vergabe mit gebundenen Händen? », publication dans la Feuille officielle suisse du commerce). Les avocats Tomas Poledna et Philipp do Canto parlent certes sans détour des « dépendances comme des signaux d’alarme », mais ne se risquent pas à beaucoup plus :

« Ça ne mènerait à rien, en l’état actuel des connaissances, de juger la manière d’agir du pouvoir adjudicateur ; ce sont des choses qui ont impliqué les partis et les instances politiques. Dans une même mesure, il faudra renoncer à revoir les conséquences juridiques, si l’acquisition devait se révéler être un cas pathologique. »

Dans leur ensemble, les juristes se montrent clairement critiques à l’encontre de la procédure de gré à gré qui a été menée :

« Est-ce que des contraintes matérielles du cas présent sont considérées comme particularité technique du marché en l’état actuel des choses, au sens de l’art. 13 al. 1 let. c OMP ? Ceci parait discutable, mais pas impensable, car le pouvoir adjudicateur n’est pas tenu de corriger les précédentes décisions (ou absence de décision). Cette question devrait être traitée du point de vue juridique du cartel et de la responsabilité de l’État. Étant donnée la nécessité de l’injection dans l’économie de l’argent publique, une procédure de gré à gré portant sur contrat de cette ampleur, sans appel d’offres préalable, est problématique et nécessite un débat. »

Pour les non-juristes, la situation est compliquée à apréhender. Même si l’article cité ne peut qu’à peine saisir la profondeur de la problématique, le thème est apparemment significatif pour un large panel de juristes et, grâce à Jusletter, également connu. Cette affaire ne se laissera pas oublier si facilement.

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Négociations entre la Confédération et les fournisseurs de logiciels libres

Selon une annonce officielle de juillet dernier, l’office fédéral compétent (OFCL) a proposé  aux 18 entreprises de logiciels libres qui avaient déposé une plainte contre la procuration douteuse attribuée à Microsoft de trouver un accord extra-judiciaire. (La version allemande de ce blog en avait parlé. On peut également lire cette dépêche du Temps.)

En rapport, le tribunal administratif fédéral avait annoncé que la procédure judiciaire serait suspendue jusqu’au 28 aout, afin de donner du temps aux parties. La Confédération et les entreprises avaient jusqu’à cette date pour présenter au tribunal les résultats des négociations.

Le premier septembre, la presse a annoncé que les négociations continuaient. Le contenu de celles-ci n’a à ce jour malheureusement pas encore été dévoilé.

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Soleurois, vous pouvez être fiers de votre informatique!

Publié le 17.07.2009 sur la partie germanophone du site ; article d’opinion dans la Solothurner Zeitung du dimanche 19 juillet 2009
par Matthias Stürmer membre du comité Swiss Open Systems User Group /ch/open et doctorant à l’EPFZ
(traduction française : Arnaud Praplan, membre du comité de Swisslinux.org)

Schagabtausch

La démarche pionnière de l’informatique soleuroise, consistant à prendre congé de l’universellement connu, mais tout aussi peu apprécié Windows et à introduire Linux, a été vivement critiquée. Qu’y a-t-il de si controversé dans cette nouvelle solution libre* pour que de telles discussions techniques atteignent les colonnes de la presse quotidienne? Est-ce que la règle de trois confédérale (« Nous n’avons encore jamais fait cela ainsi – Nous avons toujours procédé de la sorte – N’importe qui pourrait alors nous dire comment nous y prendre») fait foi?

A propos des logiciels libres, beaucoup d’utilisateurs savent seulement qu’ils peuvent être téléchargés gratuitement. Assurément vrai. Mais le véritable avantage est toutefois leur licence qui, entre autres, autorise l’adaptation du logiciel à ses propres besoins. En outre, les utilisateurs deviennent moins dépendant de leur fournisseur. Cela renforce leur position de négociation et rend les investissements sûrs. De cette façon, les coûts diminuent à moyen terme. La liberté ainsi regagnée intensifie également la concurrence entre les fournisseurs, de telle sorte que les innovations sont encouragées et les prix revus à la baisse.

Cette ouverture et cette transparence montrent que le remplacement des logiciels propriétaires fermés (« Closed Source ») au profit de logiciels libres est une tendance raisonnable – en particulier pour le secteur public. Les avantages sont surtout stratégiques. Celui qui change pour les logiciels libres ne doit pas s’attendre à des économies à court terme, mais à un développement durable de l’informatique. Exactement comme les fruits bio ne sont pas spécialement moins cher ou plus beaux, mais participent bien plus à un développement durable.

Bien sûr, il ne faut pas perdre de vue que les logiciels libres ne résolvent pas tous les problèmes informatiques. Un changement peut engendrer des tensions – comme tout projet informatique, finalement – car la migration de milliers de postes de travail est, indépendamment de la solution utilisée, moins un enjeu technique qu’organisationnel. Quelqu’un sera certainement mécontent des changements. Et les responsables informatiques préfèreront rester dans la prison familière des logiciels propriétaires plutôt que de devoir trouver leur voie dans l’inhabituelle liberté des logiciels libres. Nobody ever got fired for buying IBM equipment** en était l’explication dans les années ’80; aujourd’hui, ce sont d’autres entreprises.

C’est pourquoi, Soleurois, vous pouvez être fiers de votre informatique!

* L’adjectif libre est employé dans cette traduction à la place de la dénomination Open Source de l’article original (NDT).
** En anglais dans le texte (NDT).

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Succès intermédiaire des fournisseurs de logiciels libres au Tribunal Administratif Fédéral

Selon la décision intermédiaire du Tribunal administratif fédéral (TAF) du 3 juillet, l’administration fédérale peut continuer provisoirement à acheter des produits et des services à Microsoft. Toutefois, elle prend l’entière responsabilité d’une éventuelle annulation du contrat dans la suite du procès.

Pour rappel, en début d’année, l’Office fédéral des constructions et de la logistique (OFCL) avait passé un contrat de 42 millions de francs avec le géant de l’informatique. Le mandat porte sur la prolongation des licences et les services de maintenance pour près de 40’000 employés fédéraux.

Dix-huit fournisseurs de logiciels libres ont recouru auprès du TAF, déplorant l’absence d’appel d’offres. Parallèlement, ils demandent que le contrat ne puisse être exécuté tant que la procédure judiciaire suit son cours et que Berne ne puisse pas, dans l’intervalle, introduire de nouveaux logiciels ou remplacer Windows XP par Vista.

Selon le TAF, interdire toute exécution du contrat risquerait de compromettre le fonctionnement de l’informatique de la Confédération. L’instance fédérale juge préférable de lever la suspension du contrat, qu’elle avait imposée de manière superprovisoire à la fin du mois de mai dernier.

Dans l’immédiat, il incombera à l’OFCL de peser les risques et de décider lui-même de l’opportunité de l’introduction de nouveaux produits tant que le litige n’est pas tranché sur le fond. Le TAF rappelle qu’une annulation du contrat ne peut être exclue. De plus, sa décision peut encore être attaquée devant le Tribunal fédéral (TF).

D’après Sven Leser, le porte parole de la partie plaignante, la décision du TAF constitue un important succès intermédiaire : « la décision confirme notre position et nous rend confiant de nous en tenir à nos requêtes ». Il considère que les fournisseurs de logiciels libres ont de bonnes chances de gagner ce procès, et il argumente que « pour des montants si importants, la Confédération doit effectuer ses appels d’offres de manière indépendante de tous fournisseurs. L’argument d’après lequel il n’y a aucune alternative aux logiciels de Microsoft, pour l’utilisation de la règle d’exception, n’est tout simplement pas recevable. »

L’OFCL avait entre autre essayé de justifier le contrat avec Microsoft en argumentant qu’il s’agissait de maintenance, de formation et de support, et qu’aucun nouveau logiciel n’avait été acheté. Les plaignants ont démontré que le contrat comprenait de nombreuses nouvelles licences et des mises-à-jour de logiciels. Par exemple, lors du passage de Windows 2000 à Windows Vista, de nouvelles fonctionnalités sont attendues, sinon de telles migrations n’auraient aucun sens, rendant ainsi caduc l’argument de l’OFCL. De plus, il a été reconnu que Red Hat Limited propose une solution viable pour les postes de travail. Mais la partie la plus décisive du rapport intermédiaire du TAF est que toutes les tentatives de l’OFCL pour rendre la plainte nulle ont été rejetées point par point.

Leser remarque aussi que « si la Confédération continue ses migrations et qu’elle doit faire marche arrière par la suite, beaucoup d’argent du contribuable pourrait être gaspillé ». C’est pour cela qu’il jugerait raisonnable que la Confédération stoppe de son plein gré les projets de migrations jusqu’au jugement définitif.

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Des conseillers nationaux PS, PEV, PLR et PVL ont déposé sept motions pour la promotion des logiciels libres

Comme annoncé au début mai 2009, les membre du groupe parlementaire pour une informatique durable ont déposé durant la session d’été sept motions parlementaires. Celles-ci doivent amener à accroître l’utilisation des logiciels libres dans l’administration publique. Le conseil fédéral a déjà répondu à deux questions.

La conseillère nationale, co-présidente du groupe parlementaire pour une informatique durable, Edith Graf-Litscher (PS Thurgovie) a déposé trois motions pour la promotion des logiciels libres. Elle a tout d’abord demandé au conseil fédéral combien d’acquisitions informatiques, au dessus du seuil de 250’000 francs fixé avec l’Organisation mondiale du commerce (OMC), ont été passées sans appel d’offre public au cours des trois dernières années. Le conseil fédéral a répondu qu’il y a eu en tout 90 contrats qui ont été passés,  en utilisant le règlement d’exception, directement avec des entreprises IT. Suite à cela, elle a déposé une motion dans le but de réduire par des mesures adéquates le recours excessif  à des clauses d’exception. De plus, dans une deuxième motion, elle requiert que des centres de compétences en logiciels libres soient mis en place au sein de l’administration, à l’image de l’Allemagne et des Pays-Bas où ils ont fait leurs preuves. Ceux-ci auront pour tâche de coordonner les activités au niveau de l’administration suisse et, entre autres, de mettre les outils métier à disposition de nos PME.
Le conseiller national Walter Donzé (PEV Berne) a demandé au conseil fédéral si, avant l’acquisition de licences Microsoft Windows Vista et Office 2007, une quelconque étude préalable des alternatives possibles avait été effectuée. Le conseil fédéral a refusé de répondre en invoquant la plainte en cours au tribunal administratif fédéral. Une étude complète au sujet des logiciels libres a été exigée dans le cadre d’une interpellation. Celle-ci aura pour rôle de rassembler des informations claires sur l’actuelle étendue de l’utilisation de logiciels libres dans l’administration, et d’approximer les économies et l’effet potentiels sur l’économie locale d’une utilisation plus étendue des logiciels libres.
Le conseiller national et co-président du groupe parlementaire, Christian Wasserfallen (PRL Berne) a déposé une interpellation pour une utilisation plus large des logiciels libres dans le domaine de la cyberadministration ou E-Government, ce qui, d’après la stratégie suisse du même nom, devrait déjà être le cas depuis longtemps. Il a également demandé dans quelles mesures les projets en cours prévoient la mise en place de logiciels libres et si les nouveaux instruments électroniques étaient développés en collaboration avec les cantons et les communes pour éviter la redondance.
L’implémentation de standards et d’interfaces ouverts doivent être renforcés, tel que stipulé dans une motion de Thomas Weibel (PVL Zurich). Le standard ISO Open Document Format (ODF) devrait être défini comme le standard pour les données bureautiques de l’administration. De plus, une liste officielle et publique de formats de données recommandés devra être constituée, ensuite tout écart aux standards ouverts devront être justifiés et une migration vers un format ouvert devra être proposée.
Le groupe parlementaire pour l’informatique durable promeut la durabilité et l’innovation dans les technologies de l’information et de la communication (TIC ou ICT), et s’engage pour un accès public à la connaissance. Le groupe fondé au début mai 2009 est constitué pour l’instant de quatre conseillers aux états et de dix-sept conseillères et conseillers nationaux de six différents partis.

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Communiqué de presse commun de la direction des finances du canton de Berne et de /ch/open

Pas de plainte contre l’attribution d’un marché à Microsoft par le canton de Berne : l’administration cantonale et les fournisseurs de logiciels libres envisagent une collaboration plus étroite

Berne, 15.06.2009 – Le délai de recours est échu dans le cas de l’attribution de gré à gré d’un marché à Microsoft par le canton de Berne. Après des entretiens fructueux entre Swiss Open Systems User Group /ch/open et la Direction des finances du canton de Berne, les défenseurs des logiciels libres qui avaient attaqué la Confédération pour dénoncer un contrat analogue ont renoncé à porter plainte contre le canton de Berne. Les responsables de l’informatique du canton persistent certes à attribuer le marché à Microsoft, mais ils ont par ailleurs manifesté leur intérêt pour un renforcement de la coopération avec les fournisseurs de systèmes « open source » dans les autres domaines de l’informatique cantonale.
Comme l’ont rapporté les médias, le canton de Berne a publié le 27 mai 2009 dans la Feuille officielle l’attribution de gré à gré d’un marché d’un montant maximal de 27 millions de francs à Microsoft. Ce mandat a pour objet de prolonger, pour les années 2011 à 2017, la licence que Microsoft a accordée au canton pour la période 2005 à 2010. Les fournisseurs de logiciels libres ont été très déçus de voir attribuer à Microsoft, sans adjudication publique, un nouveau contrat de plusieurs millions pour sept années de plus. Ils étaient donc d’autant plus disposés, dans ce cas aussi, à porter plainte contre l’attribution de ce marché sans appel d’offre.

D’intenses discussions menées entre la Direction des finances, instance compétente du canton, et les fournisseurs de systèmes « open source » représentés par Swiss Open Systems User Group /ch/open, ont toutefois permis d’apaiser la situation. Après que le canton de Berne a promis de collaborer à l’avenir plus intensément avec les fournisseurs de logiciels libres au plus haut niveau de l’administration et, là où cela s’avère approprié, de promouvoir l’utilisation accrue de solutions informatiques libres en dehors de l’environnement du système d’exploitation de Microsoft, les défenseurs des logiciels libres ont décidé de renoncer à porter plainte. Même s’ils restent convaincus que l’attribution de marchés informatiques sans appel d’offre fausse la concurrence et est donc contestable au regard des principes qui régissent les marchés publics, ils ont laissé la Direction cantonale des finances leur exposer et leur expliquer de manière détaillée les raisons juridiques, financières, techniques et organisationnelles (indiquées dans la Feuille officielle) pour lesquelles elle a attribué le marché de gré à gré à Microsoft.

Avec la promesse que leur a faite l’administration de collaborer plus étroitement avec eux et d’utiliser davantage de logiciels libres dans les autres domaines de l’informatique cantonale, les fournisseurs de systèmes « open source » espèrent pouvoir présenter ainsi leurs requêtes à l’amiable. Cet accord sera également inscrit dans la réponse que le Conseil-exécutif va donner à l’interpellation déposée par le député PEV Marc Jost et que le Grand Conseil va traiter pendant la session de septembre.

Personnes de contact

  • Reto Burn, Secrétaire général suppléant de la Direction des finances du canton de Berne
    +41 31 633 53 97, reto.burn@fin.be.ch
  • Matthias Stürmer, membre du comité de l’association Swiss Open Systems User Group /ch/open
    +41 76 368 81 65, matthias.stuermer@ch-open.ch

Le communiqué au format pdf.

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TSR : Les logiciels libres gagnent lentement du terrain

Durant son édition du 19:30 de mardi soir la TSR nous montre avec un reportage de Nouvo que le logiciel libre gagne petit à petit du terrain face au géant Microsoft et à son cadet Apple. Les entreprises et les administrations recherchent une plus grande indépendance face à ces grandes sociétés.

Le boom des logiciels libres (TSR – Nouvo)

La vidéo au format OGG à télécharger (15 Mo)

Transcript

Il s’agit de la retranscription de la première partie de la vidéo consacrée à l’éducation.

Voix off : Cours d’informatique dans cette classe de 8ème.

Le professeur : Le cours d’aujourd’hui consiste à faire faire aux élèves une feuille de calcul pour calculer leur moyenne à l’aide du logiciel libre Calc, qui est le correspondant en fait d’Excel.

Voix off : Les logiciels gratuits d’OpenOffice remplacent les bons vieux Word et Excel de Microsoft. Réputé compliqué, le libre a beaucoup évolué.

Un élève : C’est assez facile de travailler avec, surtout avec les profs qui nous donnent des consignes très claires. C’est très facile.

Voix off : Facile, mais aussi et surtout indépendant. Une ouverture qui plait aux profs.

Le professeur : On n’est pas soumis effectivement à l’hégémonie de certains logiciels. Pour avoir des nouvelles versions, à chaque fois il faut repayer etc. Donc, à mon avis, il faut s’affranchir dans une certaine mesure des logiciels dit propriétaires.

Voix off : Dans un ordinateur, le système d’exploitation, Windows par exemple, ainsi que les programmes sont payants. Aujourd’hui on peut facilement remplacer un, deux voire la totalité de ces coûteux logiciels par du libre. Et cette année l’État de Genève a édité un CD avec OpenOffice pour les élèves.

Une élève : Je trouve que c’est bien parce que comme ça on peut les avoir chez nous et on sait deja comment ça marche.

Voix off : Dans les écoles de Genève tous les ordinateurs sont equipés. L’État évite ainsi des frais de licences pour près de 900 000 francs par an, et surtout ne dépend plus de Microsoft.

(Merci au Framablog pour le transcript et les liens des vidéos)

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L’université Georgia et le prestataire de services Linux Red Hat publient une carte de l’activité Open Source

Carte OSS du monde

Diffusion de l'Open Source en Suisse: top dans l'économie (rang 9), flop dans l'administration (rang 34)

L’université Georgia Tech et le prestataire de services Linux Red Hat ont publié récemment une étude scientifique intitulée «Open Source Software Potential Index». Cette étude fait ressortir  les activités et le potentiel dans le domaine des logiciels libres, et permet ainsi d’intéressantes comparaisons.

Les données géographiques traitées permettent de visualiser la diffusion des logiciels libres dans l’administration, l’économie privée et la communauté. La publication académique jointe permet de tirer des déductions supplémentaires en s’appuyant sur une masse de données considérable.

Le secrétariat du Groupe parlementaire pour une informatique durable a retravaillé les données synthétisées du classement des pays, et les a mis à disposition en ligne (PDF, ODS, XLS). Sous cet angle, il est apparu comme une évidence : la Suisse se situe bien derrière d’autres états à la situation comparable. La Suisse a la place 22 (sur 75) dans le classement général concernant l’adoption des logiciels libres. Compte tenu de la 7e place dans le classement « ICT Environment », ceci est surprenant. Mais la raison saute aux yeux: en ce qui concerne la diffusion des logiciels libres dans les administrations publiques, la Suisse est à la place 34, ce qui la positionne (avec d’autres pays) à l’avant-dernière place mondiale.

L’étude le montre clairement: les entreprises suisses utilisent clairement des logiciels libres, l’Etat par contre, est un peu un pays en voies de développement concernant les logiciels libres. L’économie locale et l’administration se sont développées de manière disjointe, et ceci au détriment de l’informatique durable. Ce blog continuera de rapporter les offensives au Parlement, ainsi que les prochains épisodes juridiques de RedHat et de ses coalliés au Tribunal Fédéral.

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